.Chapitre 20: La nuit, les lumières bleues, jaunes, oranges et moi.
Tourner la page, geste banal de la vie quotidienne. Un geste sans grande conséquence, tourner la page d'un livre est d'une évidence même et d'une facilité déconcertante. Mais quand il s'agit de tourner une page dans sa vie, ce geste s'avère moins évident et difficile. Il existe plusieurs manières de tourner la page. On tourne une page parce qu'on le veut, on veut pouvoir changer sa vie. On tourne une page car le temps fait qu'on est obligé de le faire. On tourne une page sans le vouloir, on tourne une page car on nous y oblige. La manière douce, on le décide. La manière forte, on nous l'impose. Ce geste si anodin se révèle être l'un des geste les plus complexes que l'on doit accomplir. C'est comme lorsqu'un coup de vent balaye les pages de votre livre, on ne peut rien faire et parfois ce coup de vent peut être si fort qu'on se retrouve perdu, sans savoir ce qu'il faut faire.Perdu sans savoir qu'elle est sa place, sans savoir ce qu'on doit faire, sans savoir où est le bien où est le mal. Tourner la page, ce geste arrive sans qu'on s'y attende, et une part de nostalgie nous envahit. On se rend soudain compte qu'on a pas fait tout ce qu'on voulait, que la page qui vient d'être tournée est inachevée. On se rend compte qu'on a pas dit tout ce qui devait être dit, la vérité. Et surtout on se rend compte qu'on a pas dit au revoir. Que l'on veuille accomplir ce geste ou non, il restera toujours difficile. Alors que faire, tourner la page que lorsqu'on a plus le choix ou tourner la page tout simplement sans se poser de question.
J'ai du tourner la page, j'ai voulu tourner la page, je suis en train de tourner la page. Ce qui parait le plus facile est en réalité le plus difficile à accomplir. J'ai du tourner la page sans m'en rendre compte, prise au piège des aléas de la vie. J'ai voulu tourner la page mais j'ai échoué. Je suis en train de tourner la page et je regarde derrière moi, ce que je laisse. Mais je ne sais pas ce que je laisse, ce que je sais c'est que je dois tourner la page, il le faut. Et voila que ce qui me paraissait évident est en réalité le moins évident. Mais il le faut, j'en ai besoin, alors tant pis je regarde devant moi, j'essaye d'oublier ce qu'il y a derrière. Peut être que devant moi c'est mieux. Peut être qu'enfin je peux sourire sans me soucier de quoique ce soit. Peut être que je peux changer. Question de karma peut être. Qui sait?
Toujours ce pincement au coeur, pourquoi? Certains savent parfaitement tourner la page sans regrets, sans scrupules, sans regards en arrière. Dur de se dire qu'il faut aller de l'avant. Je suis en réalité obligée d'aller de l'avant, tout m'y pousse. Je veux tourner la page mais je ne peux pas. Je peux tourner la page mais je ne veux pas. Alors que faire? On y va, s'ils arrivent à ne pas avoir de scrupules alors on peut le faire. Tourner la page, changer, ne seraient se pas une fuite? Parce qu'on a pas le courage d'affronter la vérité, parce que la vérité n'est au fond qu'une illusion comme le dit Nietzsche. Si j'ai autant tourné de page ces derniers mois, signifie t'il que je fuis? Très certainement, mais le problème c'est que je ne sais pas ce que je fuis, moi peut être ou peut être cette bulle qui m'empoisonne? Je veux réussir à tourner la page et en finir avec ce poison.
Tourner la page, simplement....
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